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 (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)

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Orion Nightshade
Orion Nightshade
SANG-MÊLÉ ROMAIN.
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SANG-MÊLÉ ROMAIN.

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MessageSujet: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 19:41

- ORION NIGHTSHADE -
dossier n°xxxx-xx ; informations générales.
NOM •• nightshade, le nom de sa mère et qui lui va comme un gant vu le prénom qu’il porte. PRÉNOM(S) •• enfant, sa mère lui racontait toujours que son père faisait briller les étoiles et que c’était pour cette raison qu’elle l’avait prénommé orion, comme la constellation. et puis elle y a ajouté noa sans raison particulière, il paraît juste que sur les papiers ça fait mieux d’en avoir deux. SURNOM(S) •• les « mon lapin », « mon ange », « mon coeur » de sa mère mis à part, il n’a jamais vraiment eu de surnom, ce qui n’est pas étonnant outre mesure avec un prénom comme le sien. quelques personnes (comprendre lorelei et l’un ou l’autre ami) l’appellent parfois O en gage d’affection, mais ça s’arrête là. ÂGE •• vingt-six ans. DATE ET LIEU DE NAISSANCE •• il a vu le jour à boston dans le massachusets le 14 mai 1990 mais il n’y réside plus.  NATIONALITÉ •• citoyen américain. ORIGINES •• anglaises du côté de sa mère - elle est un peu le petit canard noir de sa famille bourgeoise londonienne - et italiennes du côté du papa divin. OCCUPATION •• il était archer professionnel et préparait une deuxième participation aux jeux olympiques avant de tout envoyer balader et de revenir au camp jupiter où il entraîne à présent les légionnaires au tir à l’arc. ORIENTATION SEXUELLE •• il ne se pose à vrai dire pas réellement la question et se ranger dans une petite case ne l’intéresse que très peu. il est le fils du dieu de l’Amour, et l’amour n’a pas de limites, c’est tout. STATUT CIVIL •• le coeur brisé, en mille morceaux. orion pensait avoir trouvé l’amour da sa vie, mais ce qu’il ignore c’est que cette relation découlait directement d’un maudit pouvoir hérité de son divin père. lorelei, agente du dlcem, ne comprenait pas non plus la source de cet amour, elle avait été incapable de l’abandonner même après avoir découvert qu’il était un demi-dieu. ainsi elle menait une double vie de mortelle ordinaire avec orion, et de tueuse d’autres demi-dieux dans son dos. son identité fut inévitablement dévoilée lors d’un incident tragique et orion est reparti sans un mot pour le camp jupiter. il ne l’a pas revue depuis et ignore qu’elle est enceinte. PARENT DIVIN •• cupidon, dieu romain de l’amour. POUVOIR(S) •• philtre d’amour, un pouvoir dont il n’a pas conscience qu’il existe, qu’il ne contrôle donc absolument pas et qui pourtant persiste à se manifester. il est capable de faire aléatoirement tomber une personne amoureuse de lui, et ce lien peut être d’intensité variable : de la simple amourette à une imitation du grand amour. vol, un pouvoir plus conventionnel et peu étonnant venant d’une divinité toujours représentée avec des ailes dans le dos. néanmoins sa mère a failli en faire des crises cardiaques lorsqu’il était bébé, elle était constamment obligée de l’attacher dans ses couffins pour qu’il ne s’envole pas. depuis il a appris à maîtriser ce don qui se montre particulièrement utile pour décocher ses flèches lors d’une bataille. ARME FÉTICHE •• l’arc qu’il manie comme papa avec une précision extraordinaire, à la différence près que ses flèches font couler le sang et non l’amour. DÉFAUT FATAL •• la rage, c’est bien connu l’amour et la haine ne sont que les deux faces d’une même pièce. orion peut ressentir l’un aussi violemment que d’autre et a beaucoup du mal à ne pas se laisser submerger par ses sentiments, ce qui peut l’amener à prendre des décisions dangereuses pour sa survie. AU CAMP JUPITER DEPUIS •• il y a mis les pieds pour la première fois il y a treize ans. il n’y résidait cependant pas à l’année et depuis sa vingtaine ses visites s’y faisaient de plus en plus rares (bien qu'il continuait à aider les demi-dieux depuis le monde mortel, leur offrant par exemple un refuge dans son appartement lorsqu'ils s'égaraient pendant leurs quêtes. c'était la contrepartie à ses absences). il a reposé ses bagages au camp depuis peu, unique endroit auquel il pouvait penser après s’être fait briser le coeur. NUMÉRO DE COHORTE •• deuxième cohorte. pour la petite anecdote lors de son arrivée au camp son pouvoir s’est déclenché sur une des combattantes suscitant chez elle une petite amourette qui la fit se porter garante pour lui. in fine il combat plutôt bien quand il s’en donne la peine alors on ne remet pas sa place ici en question.
CARACTÈRE.
aimable, sociable, avenant, orion est le genre de personne à aller facilement vers les autres et à posséder un sens inné du contact humain. en somme c’est un petit rayon de soleil à lui tout seul et sa compagnie est généralement appréciée. + par la même occasion il est très dragueur, voire même parfois joueur. il plaît beaucoup (que cela soit naturellement ou par l’intermédiaire de son pouvoir qu’il ignore), sait s’en amuser et se demande encore pourquoi il met parfois du désordre dans les relations des autres. même lorsque sa tête est dépourvue d’arrière pensée il trouvera toujours un mot gentil ou un petit compliment accompagné de son sourire charmeur pouvant prêter à confusion. + cependant il est d’une loyauté et d’une fidélité irréprochables dans ses propres relations. durant les années qu’il a passées avec lorelei il n’avait d’yeux que pour elle, pensant avoir rencontré l’amour de sa vie. + à présent qu’elle lui a brisé le coeur, il part à la dérive. il tente de l’oublier comme il peut, enchaînant les conneries tout en sachant pertinemment que ça ne le mènera nulle part. il perd un peu de sa droiture, ceux qui l’ont connu avant son retour récent au camp ont parfois du mal à croire qu’il s’agisse de la même personne, son optimisme laisse parfois la place à un fond de cynisme et d’arrogance. + il reste très secret et mystérieux : si son changement de tempérament est perceptible, il ne se confie sur les causes qu’à très peu de personnes. + passionné, impétueux, il se laisse facilement submerger par ses sentiments (qu’ils soient positifs ou négatifs), ce qui l’amène parfois à agir de manière irréfléchie ou impulsive. + il est plutôt confiant et sûr de lui, autant dans ses relations avec autrui que face au danger par exemple. orion n’est pas le genre à se démonter et à perdre foi en ses capacités,  il sait garder son sang froid tant que ses émotions ne viennent pas interférer avec son cerveau. + très pointilleux et perfectionniste, il aime que les choses soient carrées. l’ordre des légions romaine lui correspond bien de ce point de vue là. en revanche, il peut agir comme un électron libre. il ressent un fort besoin de liberté et a du mal à se soumettre à l’autorité, d’autant plus s’il désapprouve les ordres donnés : il est très intègre et n’agit que selon ses principes. + poli, courtois, respectueux, un héritage de l’éducation de sa mère. + têtu comme une mule, mieux vaut ne pas tenter de le dissuader lorsqu’il prend une décision. + il est très protecteur, voire possessif de ceux qu’il aime et n’hésite pas à se battre pour eux. + complètement confus et perdu face à sa vie actuellement, tout est sans dessus dessous. + grand romantique dans l’âme il a -ou avait- une foi infaillible en l’amour, il aimerait garder l’espoir que tout finira par s’arranger mais ça ressemble de plus en plus à une illusion…

QUELQUES ANECDOTES.
01. orion est un archer d’exception. à l’âge de sept ans il a supplié sa mère de l’inscrire dans un club, et pour ses dix ans elle lui a offert son premier arc. c’était un arc en bois classique et de premier prix mais il s’en fichait pas mal et le chérissait à l’infini. il le possède encore aujourd’hui, bien qu’il soit totalement obsolète et qu’il ne s’en serve plus, et s’applique à le conserver dans un état irréprochable en raison de sa valeur sentimentale. dans le monde mortel il utilisait dernièrement un arc classique à double recourbure et de haute qualité, aux normes des compétitions. depuis son retour au camp en revanche, il emploie sa véritable arme de combat : une petite merveille dont les parties non-flexibles sont renforcées d’or impérial. il ne manque jamais sa cible. 02. sa mère est la seule personne de sa famille mortelle qu’il aime réellement. bien sûr il ne peut pas dire haïr sa grand-mère victoria, elle s’est, globalement, montrée bonne avec lui. le courant ne passe juste pas en raison de leurs modes de vie bien différents, ce qu’aucun lien familial ne pourra jamais changer. heureusement il a toujours vécu seul avec sa mère… du moins jusqu’à ce qu’elle ne se remarie enfin deux ans après son arrivée au camp jupiter. il aurait été été ravi pour elle de la voir enfin heureuse s’il n’avait pas détesté son beau-père qui le lui rendait bien. cependant il n’en a jamais parlé à sa mère, faisant passer son bonheur avant tout, sa condition de demi-dieu lui apportait bien assez de soucis et il n’aimait pas la savoir seule lorsqu’il partait pour le camp. 03. il ne compte plus le nombre de fois où on est venu lui demander de l’aide en matière de relation amoureuse, comme si être le fils de cupidon amenait toutes les réponses sur un plateau d’argent. cependant, un jour alors qu’il tentait de jouer les entremetteurs, son pouvoir s’est déclenché sur la fille que son ami convoitait. il lui en a voulu pendant des semaines. 04. c’est peut-être naïf de sa part mais il n’a jamais soupçonné l’existence du dit pouvoir. tout au plus il s’imagine avoir un charisme particulier en raison de son père, mais rien de suffisamment puissant pour manipuler des sentiments. d’un côté c’est peut-être tant mieux, car s’il en avait conscience il ne croirait sans doute plus au grand amour véritable. 05. un jour lorsqu’il était bébé sa mère a tourné le dos trente secondes pendant qu’il faisait la sieste dans son couffin, ce qui lui a suffi pour s’envoler et sortir de la maison par la fenêtre. elle n’avait sans doute jamais eu si peur de sa vie et a été contrainte de le poursuivre en courant pour le récupérer. il n’ose pas imaginer ce que la Brume a du faire voir aux voisins. en tout cas après cet incident, sa mère devait toujours lui passer une sorte de ceinture de sécurité lorsqu’elle le faisait dormir, juste pour être sûre. 06. s’il croit corps et âme au grand amour il n’en rejette pas moins ses autres formes. avant de rencontrer lorelei il a ainsi entretenu toutes sortes de relations avec plein de beau monde. en réalité il ne s’est pris de râteau qu’une seule fois ce qui aurait peut-être du lui mettre la puce à l’oreille, mais non. il s’est contenté de lui courir après, de tenter de la rendre jalouse, bref, de faire n’importe quoi avant de finalement laisser tomber. 07. il aura trop honte pour l'avouer mais il tient bien moins l'alcool que ne le font normalement les hommes de sa corpulence, donnez-lui le verre de trop et préparez-vous au pire. 08. il a un toc avec son téléphone portable : il est obligé de classer ses applications par couleur. c’est loin d’être pratique pour s’y retrouver, mais il y parvient miraculeusement, et vraiment, il serait capable de jeter son petit gadget par une fenêtre si ce n’était pas le cas. de toute manière il n’est pas très féru de toutes ces technologies mortelles et s’en sert uniquement pour se fondre dans la masse (ce qui n’est pas toujours une réussite sachant que les ondes ont tendance à attirer les monstres, une fois par exemple, il s’est retrouvé nez à nez avec une harpie alors qu’il tentait de rappeler sa dernière conquête). 09. le premier amour de sa vie ne fut autre que... kate bishop, ce personnage de comics. ça lui a brisé le coeur de réaliser qu'elle n'existait qu'en dessin, parce qu'après tout, quand on est le fils d'une divinité romaine on perd vite le sens des réalités. il reste persuadé qu'ils auraient fait des miracles avec leurs deux arcs. après s'être fait une raison il a également eu sa petite passade de fascination pour clint barton, la version masculine de hawkeye. on pourrait presque distinguer un motif se dessiner, mais lorelei est venue tout rompre : malgré tous ses efforts pour lui apprendre à manier l'arc, elle n'a jamais touché une cible. 10. il se promène les trois quarts du temps avec la bague de fiançailles qu'il comptait offrir à lorelei sur lui. c'est plutôt malsain comme comportement (d'autant qu'elle hante suffisamment ses pensées sans une douloureuse piqure de rappel), mais la vérité c'est qu'il ne sait pas trop quoi en faire : il refusait de l'abandonner avant de revenir au camp et, au camp, il a peur que quelqu'un ne tombe dessus et ne lui pose des questions s'il la laisse traîner. par conséquent il est en quelque sorte condamné à la porter en quasi-permanence dans l'une de ses poches
interview de orion nightshade, camp jupiter.
01. •• QUE PENSEZ-VOUS DES DIEUX ? ET DES GRECS ? Il en avait d’abord voulu aux dieux. Toute son enfance il s’était interrogé à propos de son père : qui était-il ? Où était-il ? Que faisait-il ? Pourquoi les avait-il abandonnés lui et sa mère ? Ne les aimait-il donc pas ? Ne l’aimait-il donc pas, lui, son propre fils ? Des questions somme toute banales pour un enfant qui n’a grandi qu’avec un seul parent. Sa mère ne cessait de lui conter de belles histoires à son propos à chaque fois qu’Orion l’interrogeait. Il ne comprenait pas comment elle pouvait autant l’estimer s’il n’avait pas été capable d’être là pour eux. Elle répondait toujours qu’il comprendrait plus tard, quand le temps serait venu. Et il vint, mais ça ne changea pas. Les premiers mois après avoir découvert son ascendance divine furent compliqués. Il dut reconstruire toute sa vie, survivre aux épreuves difficiles de Lupa, s’adapter au camp… ce ne fut pas une mince affaire. Pourtant, il sentit sa rancoeur diminuer peu à peu. Découvrir que son don pour le maniement de l’arc était un lien avec son père plutôt qu’une passion aléatoire l’avait rendu heureux. Il avait rencontré des personnes extraordinaires dans la douzième légion et avait fini par assimiler qu’il n’aurait rien eu de tout ça sans un parent divin. Alors tant que sa mère n’en tenait pas rancoeur à Cupidon, il lui pardonnait avec joie. Quant aux Grecs… il savait que beaucoup de Romains les voyaient d’un mauvais oeil, et étaient très critiques vis à vis de leur organisation (ou plutôt leur manque d’organisation). Pour sa part, il se trouvait trop vieux pour de telles chamailleries : il préférait les voir comme des alliés, un élargissement de la famille même s’il lui arrivait encore parfois d’être blessant en imposant sans s’en rendre compte son savoir faire romain.

02. •• QUE FAISIEZ-VOUS ET OÙ ÉTIEZ-VOUS LA NUIT DE L'INTRUSION DE LA BANDE ARMÉE DE MORTELS AU SEIN DU CAMP JUPITER ? Il n’était pas là. Orion n’avait jamais supporté de vivre au camp Jupiter de manière permanente. Il éprouvait un insatiable besoin de liberté, aurait vite pété les plombs s’il lui avait été impossible de s’absenter de temps à autre, de s’évader. Et puis ses courtes absences ponctuelles s’était faites plus longues, plus régulières. À partir du moment où il avait rencontré Lorelei, le camp n’avait plus été qu’un endroit de passage. En contrepartie, pour garder son grade de centurion, il se rendait disponible pour les demi-dieux dans le monde des mortels, offrant un abris à des gamins pendant leurs quêtes, ce genre de choses. Ainsi il avait appris la nouvelle par corbeau quelques jours plus tard. Prendre connaissance de cette lourde perte l’avait anéanti, comme tout le monde il possédait des proches parmi les victimes. Il commençait à s’en vouloir, à se blâmer de n’avoir pas été là et de n’avoir pas participé au combat. Mais on lui offrait une chance de se racheter, le message ajoutait qu’une main tendue de l’extérieur pour enquêter, faire le relais avec les Grecs et surtout venir en aide aux demi-dieux qui partaient en quête, serait nécessaire aux légionnaires romains. Il avait évidemment accepté, ne se doutant pas qu’il ne s’agissait que du début des horreurs.

03. •• QUE PENSIEZ-VOUS DES MORTELS JUSQU'ALORS ? ET MAINTENANT ? À vrai dire il était prêt à en épouser une de mortelle. Il avait déjà acheté la bague, elle reposait tranquillement dans son écrin, rangée avec soin quelque part parmi ses affaires d’archer, seul endroit où Lorelei n’irait pas mettre son nez. Il n’attendait plus que le bon jour pour la sortir. Évidemment en digne fils de Cupidon il avait tout prévu pour sa demande, et il voyait ça en grand à l’image de leur amour exceptionnel. Du moins ça c’était ce qu’il pensait avant que tout ne parte en vrille. Il n’avait pourtant jamais eu de problème, ni même le moindre accrochage, avec un mortel en raison de sa nature divine. Sa mère avait toujours été extraordinaire avec lui, Lorelei était l’amour de sa vie, il s’était fait son petit cercle d’amis et se fondait plutôt bien dans la masse. Ainsi, rien n’aurait pu le préparer à voir de ses propres yeux celle qu’il s’apprêtait à demander en mariage tirer une balle de sang froid sur un pauvre gamin. Son monde s’était complètement anéanti, il n’y comprenait rien. Sa seule certitude fut que rester là, dans le monde mortel, lui donnait la nausée. Alors il était allé récupérer sa bague, ses arcs, et il était retourné au camp, parce que c’était le seul endroit auquel il pouvait penser pour tenter de tirer tout ça au clair. Il ne savait plus que penser des mortels après avoir été trahi par celle en qui il plaçait toute sa confiance.

04. •• VOUS SENTEZ-VOUS PARTICULIÈREMENT EN DANGER OU DÉMUNI FACE À CETTE MENACE INVISIBLE ET INCONNUE ? Complètement et irrévocablement démuni. Non pas que l’ennemi en soi ne l’effraie. Orion a une pleine confiance en ses capacités, il n’est pas le genre à se démonter face au danger, à commencer à douter, à être paralysé, incapable d’agir. Il a conscience de sa force, de la qualité de son entraînement. De plus en tant qu’archer hors pair et volant de surcroît il ne craint pas réellement pour sa sécurité. Ce qui le terrorise, c’est le côté psychologique de la guerre. D’abord face aux Titans, puis face à Gaïa, les demi-dieux avaient toujours su à quoi s’en tenir. Mais cette connaissance de l’ennemi, de ses ambitions, de ses pouvoirs, ne s’appliquait pas ici. Ils combattaient en aveugles, menaient une guerre sans cause face à un ennemi invisible. Réaliser que la femme avec qui il partageait son quotidien depuis plusieurs années faisait partie du camp adverse l’avait blessé plus profondément qu’aucune balle tirée dans sa chair ne saurait jamais le faire. En dehors du camp il ne pouvait faire confiance à personne, chaque mortel devenait un ennemi potentiel. Et s’il revoyait Lorelei -ou plutôt quand il la reverrait, il savait au fond de son être qu’ils seraient confrontés l'un à l'autre à nouveau- il avait la certitude que ses sentiments l’empêcheraient de lui faire le moindre mal. Comment protéger son camp dans ses conditions, d’autant qu’il n’avait parlé d’elle à personne ?
à propos du joueur.
PSEUDO/PRÉNOM •• electralungs/manon ÂGE •• vingt ans COMMENT AS-TU CONNU MALUM DISCORDIAE ? •• ici lily-rose (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1573464409 COMMENT TROUVES-TU LE FORUM •• je l’aime tellement que j’ai décidé de me dédoubler (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1737477489 AVATAR •• sam claflin bril UN DERNIER MOT •• je vous aime tous je suis vraiment contente d’être tombée sur ce super forum pjo (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1573464409
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 19:41

HISTOIRE
sous-titre.
« - Maman s'il te plaît je veux savoir ce que c'est ! » insista-t-il encore une fois. C’était son anniversaire et sa mère refusait de cracher le morceau quant à son cadeau. D’ordinaire il parvenait à la faire céder en quelques minutes à peine. Il avait déjà tout prévu, sachant exactement comment la journée allait se dérouler. C’était en quelque sorte leur petit rituel puisqu’ils n’étaient que tous les deux. Orion se lèverait surexcité et foncerait vers la cuisine où son petit déjeuner préféré et sa mère n’attendraient que lui. Ensuite, à force de supplications sa petite bouille d’ange finirait par gagner le coeur de sa mère qui le laisserait ouvrir son cadeau, et ils iraient enfin se promener ensemble toute la journée. Ça n’avait rien d’exceptionnel mais c’était leur journée à tous les deux, il adorait décocher un sourire triomphant face à l’air faussement contrit que Poppy Nightshade prenait inlassablement chaque année au moment où elle cherchait le paquet pour l’offrir à son fils. Mais cette année, c’était différent. Il avait dix ans et sa grand-mère avait décidé de débarquer depuis l’Angleterre spécialement pour l’occasion. Victoria avait appuyé sur la sonnette à midi précise. Tirée à quatre épingles comme elle l’était, le petit Orion lui trouva de fortes ressemblances avec son homonyme la reine, du moins telle qu'il l'imaginait : elle adorait prendre le même air noble et digne et s’apprêter de petits ensembles chics avec un chapeau assorti, à la mode des anciens Britanniques. Elle fit une bise sur chaque joue de son petit fils déplorant la coupe de cheveux avec laquelle sa mère le laissait se promener et s’extasia sur sa taille et ô combien il avait grandi (ce qui n’avait pas grand chose d’étonnant puisqu’il pouvait compter sur les doigts d’une main les visites que la vieille Victoria leur avait rendues ou inversement). La tension dans l’air était palpable. Poppy se tenait droite, prête à absorber sans broncher les reproches que sa mère ne tarderait sans doute pas à lui faire sur ses cheveux pas assez brillants ou trop abîmés, ses goûts douteux en matière de décoration de la petite maisonnette ou encore ses choix concernant l’éducation de son fils. Elle y avait pourtant mis toute la bonne volonté du monde, sortant sa robe du dimanche, tentant de dompter ses longues boucles brunes et affichant un sourire de circonstance. Elle avait même été jusqu’à fouiller dans le petit grenier pour en déterrer les cadeaux de Victoria et les faire trôner à la place qu’ils étaient sensés occuper. Mais rien de tout ça n’était suffisant, la mère et la fille avaient toujours eu du mal à s’entendre. Leur plus grande dispute remontait à une douzaine d’années. Victoria et feu son mari (décédé d’une crise cardiaque quelques années plus tôt, la première visite de Orion en Angleterre) avaient décidé d’envoyer Poppy, alors âgée de dix-huit ans, étudier la médecine à Harvard. Leur fille avait toujours été brillante, son avenir était déjà tout tracé. Elle se spécialiserait dans une branche médicale qui lui permettrait de gagner une somme convenable tout en conservant une vie de famille, elle se marierait avec un autre riche médecin et leur ferait de beaux et intelligents petits enfants. Un garçon et une fille de préférence, dans cet ordre. Ce qu’ils n’avaient pas prévu c’était que leur plan allait très vite être contrarié et que, depuis l’autre côté de l’Atlantique, ils ne pourraient pas faire grand chose contre cela. Poppy avait arrêté la médecine après un semestre trouvant cette discipline beaucoup trop barbante. Elle décida de mener une vie d’artiste et de se livrer à sa passion : l’écriture de romans à l’eau de rose. Elle fut publiée mais les recettes qu’elle en tirait ne lui permettaient que de vivre modestement, en assurant un deuxième emploi de vendeuse à côté, ce qui ne la dérangeait pas outre mesure. Elle préférait mille fois cette vie d’aventures constituée d’une infinité de petites joies que celle qui avait été tracée pour elle. On était déjà loin des rêves brillants de ses parents mais elle leur porta le coup de grâce un an plus tard, lorsqu’elle tomba enceinte d’un homme qu’elle n’avait fréquenté que depuis quelques semaines et qui était reparti, la laissant seule, peu après la naissance de leur fils, Orion. Rien n’allait chez cet enfant, il était illégitime, turbulent, et puis ce prénom qu’il portait… Victoria aurait préféré quelque chose de plus classique, de plus pompeux en parfaite illustration du milieu dans lequel elle vivait. Comme Leopold, ça aurait été bien Leopold, un gage de réussite dans la vie elle n’en doutait pas. Orion en revanche… nul doute qu’avec un prénom à l’orthographe si… originale, le gamin était mal parti. Malgré tout, il restait son petit fils, et elle l’aimait comme tel, alors elle laissait sa rancoeur de côté, parfois.

Le repas sembla durer une éternité. Poppy avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir sa mère, elle avait même ressorti l’argenterie que celle-ci lui avait offerte et Orion se perdait un peu au milieu de ses multiples couteaux et fourchettes différentes. Il n’avait qu’une hâte : ouvrir le cadeau de sa mère. Il espérait de tout coeur qu’elle avait cédé à ses désires en lui choisissant l’arc dont il rêvait tant. Bien sûr, il restait très modeste, en bois classique, mais ce serait son arc, il en avait tellement envie. Il ne se souvenait plus réellement de comment était née cette passion chez lui. Il savait simplement que, dès qu’il avait eu l’âge nécessaire, il avait supplié sa mère de l’inscrire dans le club à proximité de leur voisinage. Il avait tout de suite été doué, c’était presque naturel. Ses tirs avaient manqué de précision au début, mais il avait rarement manqué entièrement la cible, ce qui rendait souvent ses camarades jaloux. Il s’entraînait depuis trois ans à présent, mais toujours avec les arcs qui étaient mis à disposition par l’association sportive. Il voulait tellement le sien propre pour pouvoir le chouchouter et s’entraîner à le manier partout. Lorsque le thé et le dessert furent enfin terminés, le moment tant attendu arriva. Dans une dernière tentative de torture, Victoria insista pour qu’il ouvrît son présent en premier. Il s’agissait d’un pull hideux qui ne semblait même pas être à sa taille et Orion dut se retenir d’esquisser une grimace en le déballant. Il alla encore une fois planter deux bises sur les joues de sa grand-mère, marmonnant un vague merci avant de se tourner les yeux pleins d’espoir vers sa mère. « - Aller, dis mois ce que c’est ! » La tension était à son apogée. Il pouvait sentir le regard réprobateur de Victoria dans son dos, mais peu lui importait. Sa mère s’éloigna un instant avant de revenir, les bras chargés d’un paquet imposant. « - Ouvre-le et tu verras. » Son ton était malicieux. Nul doute qu’elle se régalait de l’explosion de joie qu’elle pouvait lire sur le visage de son fils à mesure qu’il déchirait l’emballage. Il s’agissait d’un arc de premier prix. Elle aurait aimé lui offrir le plus beau qu’elle réussirait à trouver, mais depuis ses multiples différents avec sa propre mère, Poppy refusait catégoriquement de lui emprunter de l’argent. Ainsi, elle était seule pour subvenir à leurs besoins à tous les deux et le loyer seul de la petite maison lui demandait beaucoup d’efforts. Orion semblait pourtant plus heureux que jamais. Il tenait son nouveau trésor dans les mains, les yeux brillants de joie et se précipita à l’extérieur dans le petit jardin. Le discours sur les bonnes manières que sa grand-mère ne manqua pas de faire lui passa pardessus la tête. Il regardait le ciel immense au-dessus de lui et se demandait si, la nuit tombée, il pourrait décrocher un astre à l’aide de l’une de ses petites flèches. Lorsqu’il interrogeait sa mère à propos de son père, elle lui racontait toujours cette même histoire à propos des étoiles et de la constellation qui lui avait donné son nom. Il pouvait presque croire, avec son nouvel arc dans la main, que le ciel était à sa portée. Il pensa à son père, se demanda pourquoi il était parti, pourquoi il les avait abandonnés sans jamais revenir, pourquoi il n’avait jamais cherché à connaître son propre enfant. Ne l’aimait-il donc pas ? Sa mère disait toujours qu’il devait s’occuper d’affaires plus grandes qu’eux, d’affaires qui les dépassaient et qu’il comprendrait lorsqu’il serait plus âgé. Du haut de ses dix ans, il ne comprenait toujours pas. Il en voulait un peu à son père parce que c’était la réaction normale pour un gamin de dix ans qui ne l’avait jamais connu, mais à cet instant, ça n’avait pas d’importance : il avait une mère extraordinaire et ça lui suffisait. Il était heureux.

***

Il n’en crut pas ses yeux. Le spectacle qui s’étalait devant lui était irréel. Orion était à bout de souffle, il venait littéralement d’atterrir sur le sommet d’une colline. Derrière lui, la créature des enfers qui l’avait pris en grippe depuis quelques kilomètres semblait peiner à le poursuivre. Il n’avait d’abord pas cru sa mère lorsqu’elle lui avait révélé la vérité à propos de son père. Il y avait longtemps qu’il ne croyait plus aux histoires fantastiques qu’elle lui contait le soir pour l’endormir. Pourtant celle-ci avait semblé différente, quelque chose sur le visage de sa mère était différent. Elle semblait empreinte d’une émotion profonde à mesure qu’elle lui avait raconté que les histoires mythologiques dont il avait parfois entendu parler étaient réelles et que son père en faisait partie intégrante. Son père, une divinité romaine. C’était pour cette raison qu’il n’avait jamais pu rester vivre avec sa famille, il était attendu ailleurs pour accomplir ses devoirs divins quels qu’il fussent. La pilule avait semblé dure à avaler, même pour un gamin de douze ans, mais cela avait expliqué bien des choses. Il avait toujours pensé que quelque chose clochait chez lui, qu’il était différent des autres enfants. Il n’avait jamais réussi à rester concentré bien longtemps sur les bancs de l’école, se faisait constamment réprimander à ce propos, et même lorsqu’il consentait à fournir ses meilleurs efforts les lettres continuaient à danser sous ses yeux, à le narguer comme si elles étaient contentes qu’il ne pût saisir leur sens. Le psychologue scolaire avait parlé de dyslexie, d’hyperactivité, de déficit de l’attention, des mots compliqués qu’il n’avait d’abord pas compris mais qui revenaient depuis si souvent que, ironiquement, il aurait été capable de les lire et les écrire dans son sommeil. Ses professeurs et sa mère avaient été mis au courant, on les avait prévenus que sa scolarité risquait d’être semée d’embuches mais que rien n’était impossible ou perdu avec l’aide et les encouragements adéquats. Poppy n’avait pas semblé surprise, mais l’histoire aurait quand même pu s’arrêter là, s’il n’avait pas commencé à apercevoir les monstres. Ceux-ci ne l’avaient jamais attaqué, ils se contentaient de l’observer de loin, d’un regard noir comme s’ils pensaient « - Ne t’inquiètes pas, ton tour viendra. » Il en avait d’abord parlé à l’un ou l’autre de ses amis, dans l’espoir que l’un d’eux ne partageât sa vision. Ils s’étaient contentés de le fixer de leurs yeux écarquillés, et avaient peu à peu cessé de l’inviter à leurs jeux pendant les récréations, le pensant fou à lier. Il en avait ensuite parlé à sa mère, qui, une fois de plus ne semblait pas si surprise. Elle adoptait un air coupable mais restait désespérément mystérieuse. Jusqu’au jour où un de ces monstres avait fini par l’attaquer. Il était rentré chez lui couvert d’égratignures, et dans sa panique, il ne s’était même pas aperçu qu’au lieu de courir, il avait naturellement volé pour aller plus vite. C’était à ce moment que Poppy avait décidé de lâcher la bombe. Depuis tout s’était enchaîné à une vitesse irréelle, si bien qu’il peinait parfois à reconstruire le fil des événements dans son esprit. Lupa, la déesse louve et protectrice des demi-dieux romains, était venue le chercher. Ne croyant encore qu’à moitié à cette histoire, c’était à reculons, qu’il avait consenti à dire au revoir à sa mère avant d’embarquer son arc et quelques autres affaires dans un sac à dos pour suivre la louve. Celle-ci ne s’était ensuite montrée ni tendre, ni maternelle. Elle lui avait fait subir une série d’épreuves, chacune plus dangereusement mortelle que la précédente, lui faisant perdre toute notion du temps et se contentant de répéter « - Le Camp Jupiter n’accueille pas les faibles. Es-tu faible Orion ? » Et lui de répondre « - Non » sur un ton dur qui n’avait jamais été le sien mais qu’il était forcé d’adopter, serrant les poings et ravalant ses larmes. Il lui semblait qu’une éternité s’était ainsi écoulée jusqu’à ce que Lupa lui assigne sa dernière tâche. « - Trouve le Camp Jupiter, si tu y arrives en vie, les légionnaires t’accepteront parmi eux. Tu trouveras ton foyer. » Et sur ces mots, la louve agit de manière extraordinairement inattendue. Elle l’accueillit dans son étreinte animale, lui lécha le visage comme elle l’aurait fait avec son propre enfant et lui dit « - Mon enseignement est terminé, je crois en toi Orion. » Et elle avait disparu.

À présent que le camp se déployait sous ses yeux, les événements se reconstituaient avec plus de facilité dans sa mémoire. Sa foi avait grandi, sa foi en la mythologie, sa foi en son père, sa foi en Lupa, et sa foi en lui-même. Il ne savait pas très bien comment il était parvenu à trouver le camp. Il ne l’avait jamais vu, n’en avait même jamais entendu parler auparavant, mais un instinct inexplicable avait guidé ses pas dans la bonne direction. Il observait à présent son futur foyer, une véritable ville d’époque romaine, du haut de sa colline, les yeux brillants. Le monstre le poursuivait toujours. Il banda son arc, décocha une flèche et le regarda se dissoudre en cendres dorées avant de s’écrouler. Il était à bout de forces. Il avait perdu le compte du temps, de la distance qu’il avait parcourue depuis que Lupa l’avait quitté. Évidemment sa dernière mission avait été loin d’une promenade de santé. Son pauvre corps était meurtri, couvert d’ecchymoses et de coupures. Le camp qui se déployait à quelques centaines de mètres plus loin, séparé de lui encore par un fleuve, lui semblait à des années lumières. Pourtant, il se força à se relever et ramassa son arme. Il n’était pas faible, il allait le prouver, il atteindrait sa destination. Il repassait cette pensée en boucle dans son esprit pour l’encourager à mettre un pied devant l’autre, descendant peu à peu le flanc de la colline. À mesure qu’il avançait il distinguait son futur refuge avec plus de détails. Le fleuve l’encerclait presque entièrement, offrant une protection par ses bras aquatiques. Trois ponts menaient à trois endroits différents, et tous étaient gardés. Ne sachant vers où se diriger il choisit le pont le plus proche, s’engageant dessus en boitillant plus qu’en ne marchant. Une fille à peine plus âgée que lui, en armure et casque de légionnaire, portant un javelot doré à la main, accourut dans sa direction. « - Ça… ça va aller ? » Il n’avait pas vu son reflet dans un miroir depuis qu’il avait quitté sa mère, il ne devait pas être beau à voir. « - T’inquiètes pas t’as réussi, tu l’as fait ! On va prendre soin de toi et te ramener au camp. Tu peux t’appuyer sur moi si tu veux, je vais t’aider. » Les mots sortaient de sa bouche trop rapidement pour qu’Orion ne pût réagir. Tout commençait à danser autour de lui, il avait poussé son corps dans ses derniers retranchements. Pourtant, l’enseignement de Lupa se rappelait à son esprit comme une vilaine morsure. Il n’était pas faible. « - Ça va j’ai pas besoin d’… » Aide. Mais il n’eut pas le temps de prononcer ce mot final, il était tombé, inconscient.

Il fut désorienté lorsqu’il rouvrit les yeux. Il avait la désagréable impression qu’il devrait avoir honte de lui mais les souvenirs prenaient leur temps pour lui revenir, lui laissant un instant de répit. Il s’inquiéta d’abord de ne pas reconnaître le décor de sa chambre et allait se relever lorsqu’il prit conscience de l’agitation autour de lui. Machinalement, il referma les yeux et resta couché, priant silencieusement pour que personne ne l’eût vu s’agiter. « - Tu crois qu’il va rester endormi encore longtemps ? » Il avait déjà entendu cette voix, il en était certain. Son cerveau se mit en marche à toute allure, et inévitablement tout lui revint en tête. Lupa, le camp, et sa pitoyable arrivée. Il se maudissait intérieurement de n’avoir pu se contenir et de passer pour une petite créature fragile à peine avoir posé un pied dans le camp romain, devant une fille en plus, laquelle était à présent en train de discuter de son sort avec un inconnu. « - Aucune idée. Mais ne t’inquiètes pas va, ça arrive à la majorité des nouveaux arrivants. Lupa n’y va pas de main morte toi aussi tu es passée par là. Il reviendra à nous tôt ou tard. » Le dit inconnu fit une pause dans sa tirade. Orion avait toujours les yeux fermés et ne pouvait ainsi pas assister à la scène mais il imaginait que le garçon mystérieux s’était arrêté pour esquisser un geste de réconfort envers son interlocutrice. Lorsqu’il reprit parole, sa voix se fit plus lointaine. « - Je m’en vais en attendant, préviens-moi dès qu’il bouge et j’en informerai les prêteurs pour qu’ils rassemblent la légion. Il faudra qu’une cohorte l’adopte. » Un bruit de porte retentit, puis le silence. Orion n’avait pas tout compris dans ses dernières paroles mais estima qu’il était temps pour lui d’entrer en scène. Il fit mine de se réveiller, s’étira pour tester ses muscles et se redressa dans son lit de camp. Aussitôt, la fille se précipita à son chevet. « - Tu es réveillé ! Bienvenue au Camp Jupiter, je m’appelle Ambre ! » Elle lui adressa un sourire à l’image de l’enthousiasme qu’il pouvait déceler dans sa voix. « - Orion. » Il se força aussi à sourire bien qu’il n’était que très peu à l’aise. « - Combien de temps je suis resté… endormi ? » Son sentiment de honte persistait à lui coller à la peau. « - Oh quelques heures à peine ne t’en fais pas c’est pas grand chose. J’en parlerai à personne si c’est ça qui t’inquiète, ça pourra rester notre petit secret. » ajouta-t-elle avec un clin d’oeil comme si elle lisait dans ses pensées. Elle était adorable. Elle avait troqué l’armure qu’elle portait lors de leur première rencontre pour un tee-shirt mauve et un short et semblait ainsi encore plus jeune. Elle devait avoir environ quatorze ans, soit un an de plus que lui. Il se demandait si dans un an, lui aussi serait aussi à l’aise qu’elle dans ce camp romain. « - Tu te sens mieux ? Je dois prévenir les autres qu’on a un nouveau et si tu veux oublier ton petit passage à l’infirmerie, il vaut mieux que tu viennes avec moi. Je te ferai visiter. » Les blessures qu’il avait accumulées et l’utilisation de sa capacité de voler l’avaient épuisé et expliquaient sa perte de connaissance. Mais il se sentait déjà mieux à présent. Il attrapa la main qu’Ambre lui tendait et la suivit avec un sourire complice.

La légion s’était rassemblée. Il n’avait jamais été particulièrement timide mais il devait bien avouer qu’il se sentait quelque peu mal à l’aise d’être le centre d’intérêt d’autant de monde à la fois. Ambre lui avait au préalable fait faire un tour abrégé du camp qu’elle connaissait comme sa poche puisqu’elle y vivait depuis trois ans. Ils s’étaient cantonnés au campement et bastion principal, pour ce qui était de la Nouvelle Rome et des temples en hommage aux divinités romaines, la jeune fille lui avait dit qu’il aurait le temps de visiter plus tard. Il lui avait été reconnaissant de tout ce qu’elle avait fait pour lui. Savoir comment son intégration au sein de la légion allait commencer lui avait redonné du courage : il ne courait plus vers l’inconnu à présent. Il était arrivé chez lui, il s’était déjà fait une amie et bientôt, il commencerait son entraînement auprès de ses compagnons. Mais en attendant, il devait intégrer l’une des cinq cohortes de la légion. Il pouvait sentir l’impatience des légionnaires pendant que les deux prêteurs prenaient la parole. Il avaient profité du fait que tous les pensionnaires du camp soient rassemblés pour passer quelques annonces avant d’en venir au moment que tous semblaient attendre : la répartition du petit nouveau. À la vue du nombre de légionnaires présents dans le camp on pourrait croire que ce genre d’événement aussi banal que l’arrivée d’un nouveau demi-dieu finisse par perdre de son charme, mais au contraire, tout le monde était charmé. Ils appréciaient cette petite distraction dans leurs corvées quotidiennes. Après quelques autres annonces, l’un des deux prêteurs en vint enfin au fait. « - Nous accueillons aujourd’hui un nouveau demi-dieu parmi nous : Orion Nightshade, d’ascendance encore indéterminée. » Le rouge lui monta presque aux joues à la mention de son parentage incertain, mais il se contint et parvint à garder une attitude digne. Il se tenait droit son carquois et son sac se battant pour la plus grande place sur son dos et son arc à la main. Il tentait de garder un air impassible pendant que l’ensemble de la légion semblait le jauger. L’enseignement de Lupa avait porté ses fruits, il ne se laissait pas impressionner. « - Comme vous le savez, il doit intégrer l’une des cohortes alors qui est prêt à se porter garant d’un nouveau probatio ? » Le silence fut brisé par une petite voix? « - Moi. » C’est Ambre qui avait parlé. Évidemment. Elle s’éclaircit la voix, se redressa bien et parla d’une voix plus assurée. « - Moi, Ambre Waterhouse, me porte garante. » Un garçon d’une vingtaine d’années à la tête du groupe où se trouvait Ambre la jaugea du regard avant de se retourner vers Orion et les prêteurs. Plus tard il apprendrait qu’il s’agissait du centurion responsable de la seconde cohorte, demi-frère d’Ambre. « - J’accepte sa proposition et veux bien accueillir le nouveau dans la seconde cohorte. » Un silence régna jusqu’à ce que l’un des prêteurs reprenne la parole. « - Très bien, tu peux rejoindre tes camarades dans la deuxième cohorte. Ambre devra s’occuper de toi pendant ta période de probatio, tu te tournes vers elle au moindre problème. » Une vague de soulagement le submergea. Il était content de pouvoir s’éloigner du centre de l’attention. Il s’apprêtait à esquisser un pas vers sa nouvelle cohorte lorsqu’une apparition surgit devant lui. « - Stop ! » La voix était d’une autorité telle qu’il s’arrêta bouche bée en plein mouvement. C’est un homme qui avait parlé. Il avait des cheveux blonds comme les siens et un visage angélique sans âge. « - Quelques heures au camp et tu te trouves déjà une copine ? Tu me rends fier mon garçon. » Le visage d’Orion tourna au rouge, c’était n’importe quoi il n’avait pas de copine. Il se ressaisit pourtant lorsqu’il vit un arc magnifique de bois et d’or apparaître dans la main de l’homme, ou plutôt du dieu. « - Tiens prends ça, mon fils a besoin d’une arme convenable pour intégrer la deuxième cohorte. » Son visage s’illumina aussitôt. Il ne parvenait pas à croire que l’apparition qu’il avait sous les yeux fût son père, mais une joie immense s’était emparée de son être. Il attrapa l’arc avec un immense respect avant de bredouiller quelques mots. « - Merci euh… papa ? » Dans d’autres circonstances il aurait eu un peu honte mais comment ne pas être impressionné en présence divine ? « - Romains, accueillez Orion fils de Cupidon parmi vos rangs ! » Sur ce Cupidon donna une légère accolade accompagnée d’un clin d’oeil à son fils et disparut. Ce fut l’unique fois qu’Orion le vit de sa vie mais il chérirait ce moment, et cet arc, à jamais. Il n’était plus le fils de personne.

***

Il attrapa la main qu’Ambre avait posée sur la table. « - Merci d’être venue avec moi. » Autour d’eux, la fête battait son plein. La musique résonnait si fort qu’elle dut s’avancer vers lui et il répéta ses paroles. « - J’ai dit : merci d’être venue avec moi. » Un sourire illumina l’espace d’un instant le visage de la jeune fille. « - C’est normal, j’allais pas laisser mon meilleur ami endurer ça tout seul. » Elle fit une courte pause, comme pour le laisser s’imprégner de l’émotion de sa déclaration avant de poursuivre. « - Et puis je trouve ça cool de quitter le camp, t’as de la chance d’avoir une mère comme la tienne. » Effectivement Orion s’entendait à merveille avec sa mère qui avait toujours été là pour lui. On ne pouvait pas en dire autant de Cérès qui avait été approximativement autant présente pour Ambre que Cupidon pour lui-même. Bien sûr, il chérissait encore le souvenir de sa rencontre avec son père, mais parfois il se disait juste que grandir avec deux parents aurait été agréable. Au moins, il en possédait déjà un en or ce qui était beaucoup plus qu’un nombre impressionnant de demi-dieux, son amie y compris. Son père n’avait jamais été présent pour elle. C’était un botaniste de renom qui préférait partir pour des voyages constants à l’autre bout du monde à la découverte d’une nouvelle espèce de plante plutôt que de s’occuper de sa fille. Lorsqu’il avait appris qu’il pouvait la laisser résider à l’année au camp Jupiter il avait été soulagé, comme si on lui ôtait un terrible fardeau des épaules. Orion ne l’avait jamais rencontré mais si ce jour arrivait il s’assurerait de faire part à Monsieur Waterhouse de toutes les choses exceptionnelles qu’il ratait en ne nouant aucun lien avec sa fille. « - Rappelle-moi déjà pourquoi tu tires une tête d’enterrement à son mariage ? Qu’est-ce que tu as contre l’heureux élu ? » La voix de la jeune fille était venue le tirer de ses pensées, mais sa question l’y fit replonger aussitôt. « - Je sais pas je le sens pas… » C’était le moins qu’on puisse dire. Il ne pouvait littéralement pas sentir ce type. Au début, lorsque sa mère lui en avait parlé dans les lettres qu’elle lui envoyait, il avait sincèrement été heureux pour elle. Elle l’avait rencontré à son nouveau travail à San Francisco quelques mois après son arrivée au camp. Sa mère avait déménagé pour se rapprocher de lui, si elle vivait en Californie il était plus aisé pour Orion de passer de temps à autre une journée à la maison. Il fallait croire que l’air marin et le deuil définitif de Cupidon qu’elle était parvenue à faire après que Orion lui eût raconté l’épisode de sa rencontre avaient à nouveau réveillé ses pulsions romantiques. Elle n’attendait qu’une chose : que son nouveau fiancé et son fils ne se rencontrent, ce qui ne tarda pas à arriver. Poppy avait tout prévu, elle avait organisé une journée de rêve pour les deux hommes de sa vie, mais, dès qu’elle avait le dos tourné Orion avait le sentiment que l’autre faisait tout pour le mettre mal à l’aise et lui faire comprendre qu’il ne serait pas le bienvenue dans leur nouvelle famille. « - Je crois qu’il a peur de passer au second plan, ou que s’ils ont un enfant ensemble un jour, il passera lui aussi derrière moi. Et il me rend la vie impossible juste pour ça, c’est plutôt stupide non ? À croire que sa virilité à deux balles se sent vite menacée ! » Il avait lancé ça sur le ton de la plaisanterie, mais ne riait qu’à moitié. Étant absent la plupart du temps il avait voulu faire passer le bonheur de sa mère avant tout et ne lui avait jamais parlé de ses réticences quant à son mariage. Il la voyait heureuse et c’était tout ce qui comptait. Il faut dire qu’elle l’avait amplement mérité, et puis Orion soupçonnait qu’après le dieu de l’amour en personne, il ne trouverait jamais plus aucun mortel digne de sa mère. Il avait beau avoir quinze ans à présent, il nourrissait toujours l’espoir illusoire de voir ses parents réunis. C’était son côté romantique désespéré qui se laissait aller à de telles chimères. Pour sa défense, ce trait était déjà fortement présent dans chacun de ses parents, il ne pouvait qu’être exacerbé chez lui.

Ambre dut apercevoir son air sombre puisqu’elle tenta aussitôt de changer de sujet. « - Aller viens, ta cavalière a envie de danser. » Elle l’attirait déjà vers la piste de danse, il était debout avant de ne pouvoir prononcer le moindre mot de refus. C’était une des raisons pour lesquelles il avait tout de suite apprécié Ambre : elle ne passait pas par quatre chemins, quand elle désirait quelque chose, elle l’obtenait. Elle l’avait même obtenu lui. Peu après son arrivée au camp elle était parvenue à lui voler un baiser. Néanmoins, d’un commun accord il avaient réalisé après coup que leurs sentiments ne dépassaient pas le stade amical. Elle s’amusait à le charrier à cause de Cupidon depuis. Elle lui disait que c’était à cause d’un don légué par son père qu’elle avait d’abord été charmée, qu’il devait avoir un sourire envoûtant ou quelque chose d’autre dans le genre comme beaucoup des enfants d’une divinité reliée de près ou de loin à l’amour. Pour sa part, il était sceptique. Peut-être bien que son père l’avait doté d’une aura particulièrement charmeuse, attirante, mais d’après lui, Ambre en faisait trop. Il était persuadé que s’il possédait un pouvoir tel qu’il pouvait faire tomber quelqu’un amoureux de lui, il en aurait eu conscience tout comme il avait conscience de sa capacité à voler même lorsqu’il était cloué au sol. C’était un peu naïf mais il tentait de s’en persuader car, au fond il ne voulait pas perdre la foi qu’il vouait au grand amour, il ne voulait pas avoir à se demander si on l’aimait pour lui ou parce qu’il lançait une sorte de sort à ses conquêtes. Il avait beau ne pas porter le nouveau mari de sa mère dans son coeur, il espérait sincèrement qu’un jour, il aimerait quelqu’un comme elle l’aimait lui. Ou comme elle avait un jour aimé Cupidon. « - Pourquoi tu souris comme un idiot ? » Il ne s’en était même pas rendu compte, mais comme toujours, Ambre trouvait un petit mot agréable à lui glisser à l’oreille, ce qui le fit sourire encore plus. « - Mais parce que je tiens une fille extraordinaire dans mes bras, très chère. » Un rire moqueur s’échappa des lèvres de la fille de la nature. Ambra avait toujours été aussi sauvage et indomptable que l’attribut de sa mère. « - Très drôle. Mais c’était bien tenté, je peux voir pourquoi tu les attires toutes. » Elle ébouriffa ses cheveux qui de toute manière avaient toujours fait leur vie tous seuls malgré ses plus grands efforts pour leur donner une allure convenable, en adéquation avec le costume qu’il portait pour l’occasion. « - Non sérieusement… » Il prit une profonde inspiration avant de se lancer. « - Si un jour, dans dix, quinze, vingt ans… si c’est à mon tour de me marier, je veux que ce soit toi mon témoin. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que notre amitié, c’est pour la vie. » Elle acquiesça en silence et ils continuèrent à danser. Aucun mot ne pouvait être à la hauteur d’un tel moment d’amitié, ils l’avaient tous les deux compris. Ce qu’ils ignoraient en revanche, c’est que Ambre ne pourrait pas honorer cette promesse.

***

« - T’es sûr que t’as vraiment envie de partir ? » C’était au moins la millième fois qu’elle lui posait la question. Il fut saisi d’un pincement au coeur lorsqu’il posa les yeux sur la mine déconfite de Ambre. Sans doute avait-elle espéré jusqu’au dernier moment le faire changer d’avis. Il en avait presque envie à la voir si triste. Une partie de lui n’était pas sûre de faire le bon choix, mais il se devait d’essayer. Il ne s’imaginait clairement pas passer sa vie entière au camp Jupiter, ou même à la Nouvelle Rome. Aussi grande que fut la ville, on finissait vite par y tourner en rond, par connaître le prénom de chacun des habitants. Cette routine l’étouffait. Il se sentait comme un oiseau en cage et la métaphore était particulièrement bien choisie étant donné le pouvoir que lui avait légué son père. Peut-être celui-ci y était-il pour quelque chose d’ailleurs, car, après avoir visité le ciel, la terre ferme pouvait paraître d’un ennui mortel si on se cantonnait toute sa vie au même endroit. En somme, Orion suffoquait un peu et il avait désespérément besoin de changer d’air. Cette année, il aurait vingt-et-un ans. Il avait suffisamment fait trainer les choses. Déjà que les études n’étaient pas pour lui, ce que, heureusement, sa mère parvenait à concevoir, il fallait qu’il trouve quelque chose à faire de sa vie. Il imaginait déjà le regard réprobateur d’Elizabeth lorsque, lors de sa prochaine visite, elle apprendrait qu’il n’avait même pas passé son bac. Mais il s’en fichait. Il avait beau apprécier sa grand mère, elle et lui vivaient dans deux mondes bien différents, et puis elle n’avait jamais été mise au courant de la nature divine de son père. Elle avait toujours pensé qu’il ne s’agissait que d’une aventure de jeunesse qui s’était empressé d’abandonner Poppy si tôt qu’il avait appris sa grossesse. Maintenant qu’il était en quelque sorte réconcilié avec Cupidon (comprendre qu’il ne lui tenait plus rigueur de son absence) ça l’agaçait un peu d’imaginer cette représentation de lui dans l’esprit de sa grand-mère, mais c’était sans doute mieux ainsi. Son coeur n’aurait pas supporté. « - T’inquiètes pas, je t’ai promis de revenir souvent. Tu remarqueras à peine que je ne suis pas là le reste du temps ! » Ce n’était pas exactement la réponse qu’Ambre avait attendue à en juger par sa réaction. Sa mine renfrognée ne présenta aucun signe d’illumination. Elle se contentait de caresser du bout des doigts les sept lignes qui décoraient à présent le tatouage SPQR qu’Orion portait sur le bras, l’air de penser qu’aucune autre ne viendrait plus jamais s’y ajouter. « - T’es encore loin des dix années réglementaires, comment ils ont pris ton départ ? » Elle avait parlé l’air de rien, balancé sa question sur le ton de la conversation, mais Orion voyait bien qu’elle entrait dans le vif du sujet : si elle ne parvenait pas à le faire rester, peut-être que les autorités du camp pourraient l’y contraindre. Heureusement - ou malheureusement selon le point de vue - il avait déjà réglé cette question. Ce fut même plus facile que ce à quoi il s’attendait. Les Romains avaient certes la réputation de vouer un culte à l’ordre et d’être très respectueux des règles en place, il ne pouvaient pour autant pas contraindre un demi-dieu à passer sa vie au camp. Ils n’avaient pas vu d’inconvénient à ce qu’il passe plus de temps dans le monde mortel et moins de temps au camp à la condition qu’il s’engage à continuer à être fidèle à la légion dans la mesure de ses capacités. Cela consistait majoritairement à aider de temps à autre un demi-dieu égaré dans sa quête, à lui offrir un toit et un repas chaud. Le mari de sa mère n’allait pas apprécier le temps qu’il résiderait encore chez eux, mais tant pis. Il n’appréciait pas tout court son retour partiel à la maison de toute manière. Il aurait lui aussi préféré prendre tout de suite son indépendance, mais il devait être réaliste : tant qu’il ne se serait pas trouvé une occupation, il n’en aurait pas les moyens matériels. « - Ils m’ont demandé d’aider à l’extérieur du camp, et en échange je pourrai rester légionnaire. Mais je te l’ai déjà dit c’est pas définitif, je reviendrai et toi aussi tu peux me rendre visite quand tu veux. » Sur ces mots, il ferma son sac après y avoir glissé ses dernières affaires. « - Tu te souviens de ce que je t’ai dit au mariage de ma mère à propos de notre amitié ? Je le pense encore. » Il prit Ambre dans ses bras de longues minutes avant de s’éloigner. Ce n’était encore qu’un au revoir.

La vie mortelle ne se passait pas exactement comme il l’avait espéré. Il s’était imaginé qu’il se sentirait plus libre une fois la protection magique du Camp Jupiter derrière lui, mais jusque là c’était l’effet inverse. Les monstres le laissaient relativement faire sa vie en paix. C’était assez étrange, on aurait dit qu’ils étaient programmés pour n’importuner que les adolescents. Bien sûr il arrivait de temps à autre qu’il eût à en découdre avec l’une ou l’autre créature mythologique mais il ne s’était pas encore attiré de problème sérieux. Il était juste contraint, par précaution, de se promener avec un poignard dans ses affaires lorsqu’il en avait l’occasion. Il n’aimait pas utiliser ces armes blanches, leur préférant de loin son arc qu’il ne pouvait cependant pas transporter partout avec lui car la Brume aurait quelque mal à le couvrir et il ne tenait pas à attirer l’attention sur lui. Ce changement d’arme contribuait en partie à sa mauvaise humeur mais ne l’expliquait pas entièrement. L’ambiance à la maison n’était pas non plus au beau fixe. Il avait été illusoire de croire qu’il pourrait cohabiter sur la durée avec le mari de sa mère. Depuis qu’ils avaient eu un enfant ensemble, Orion se sentait encore moins le bienvenu. Il adorait Leo pourtant, son demi-frère était un gamin adorable, le pauvre n’avait juste pas récolté le meilleur des pères mais ce n’était pas sa faute. Et puis restait le problème de ses occupations. Plus le temps loin du camp s’écoulait plus son arc lui manquait. Il se rendait peu à peu compte qu’hormis ce sport il n’avait pas de grandes passions. Il avait naïvement pensé que le camp avait été le problème mais à vrai dire, avant d’y entrer il ne s’était pas non plus intéressé à grand chose d’autre qu’augmenter la précision de ses tirs ou posséder le plus bel arc possible. Il était à deux doigts de sortir son téléphone pour envoyer un message à Ambre, s’excusant d’être parti et lui promettant d’être de retour le lendemain à la première heure, lorsque la serveuse du bar auquel il s’était installé vint se planter devant lui, un verre à la main. Il n’avait pourtant rien commandé de plus que le verre presque vide qu’il sirotait encore. Boire seul le soir ne lui ressemblait pas tellement, mais c’était tout ce qu’il avait trouvé cette nuit là pour se vider la tête de ses idées noires. L’explication à cette nouvelle boisson ne tarda pas à arriver et heureusement pour lui, elle n’avait rien à voir avec l’air misérable qu’il pensait avoir affiché, au contraire. « - De la part de la demoiselle là-bas. » La serveuse accompagna ses paroles d’un geste de la main en direction d’une table occupée par une petite brune assise seule. Elle lui adressa un sourire resplendissant au moment où leurs regards se croisèrent. Orion leva son verre dans sa direction avant de se lever pour la rejoindre à sa table. « - Ça vous arrive souvent d’offrir la consommation à des inconnus au bar ? » Il avait ponctué sa phrase de son sourire charmeur et de son visage angélique. Son père était le dieu de l’amour, il reconnaissait une piètre technique de drague lorsqu’il en voyait une et, pourtant, il était trop tenté de se laisser aller. Son coeur s’était senti seul ces derniers temps, et à présent, il se sentait d’humeur joueuse, espérant seulement que la belle inconnue le lui rendrait bien. Ce qu’il ignorait cependant, c’était qu’en agissant de la sorte, il déclenchait inconsciemment ce pouvoir dont Ambre l’avait déjà accusé mais dont il niait catégoriquement l’existence. Il avait beau se persuader que les événements de la soirée, qui prenait une tournure bien plus agréable qu’il n’aurait pu l’espérer dans ses rêves les plus fous, n’étaient que le fait de son talent, ajouté tout au plus à un charisme naturel trop élevé pour un simple mortel, il était en réalité loin du compte. « - Seulement si les dits inconnus sont mignons. » Lorsqu’elle avait ouvert la bouche, les jeux étaient déjà faits, scellés par une flèche d’amour invisible. « - Je m’appelle Lorelei. » Ce prénom sonna divinement bien à son oreille.

***

L’aigle était arrivé si brusquement qu’il en avait presque fait tomber l’écrin qu’il tenait dans la main. Il le rattrapa de justesse, poussant un soupir de soulagement, avant de le mettre en sécurité dans la poche intérieure de sa veste. Ce qu’il contenait était précieux : six ans s’étaient écoulés depuis sa première rencontre avec Lorelei, la femme de sa vie, et il s’apprêtait enfin à la demander en mariage. Perdre la bague ne faisait pas partie des plans qu’il avait préparés pour cette soirée qui se devait d’être extraordinaire. Il détacha l’enveloppe qui pendait à la serre de l’animal. Les Romains avaient toujours adopté des moyens de communication étranges… et dangereux. Il avait fini par s’y faire à vrai dire mais depuis la découverte de la colonie grecque quelques années auparavant, il remettait à nouveau l’utilisation de ces bêtes sauvages en question. Si les Grecs étaient à la traîne dans de nombreux domaines à commencer par l’organisation de leur propre camp, ils étaient doués pour la communication : leurs messages Iris étaient plus sûrs dans tous les sens du terme : on ne risquait pas de se faire défigurer et la réception était beaucoup moins aléatoire. Il ne s’attarda pas longtemps sur ces pensées et lut le message qu’il n’aurait, pour une fois, préféré ne pas recevoir. « Orion, le Camp Jupiter a été attaqué par une bande de mortels. On n’a pas plus de détails sur l’identité des agresseurs mais ils nous ont causé de lourdes pertes. J’espère qu’on peut encore compter sur toi à l’extérieur du camp : il va falloir enquêter, relayer des informations aux Grecs et s’assurer de la sécurité des gamins qui partent en quête. PS : je suis désolé de t’apprendre la nouvelle de manière si rude, mais pour l’instant on n’a pas le temps de se laisser abattre. » Le message ne comportait rien d’autre que la signature du demi-frère d’Ambre. Pourquoi ne lui avait-elle pas écrit elle-même ? La question aurait pu lui traverser l’esprit si la nouvelle ne l’avait pas abasourdi. Il avait l’impression que son coeur était transpercé par une infinité de poignards. Il pouvait ressentir physiquement la douleur que lui avait causé la nouvelle. Il se sentait coupable de n’avoir pas été là pour se défendre auprès des légionnaires, sa seconde famille. Depuis quelques années ses visites au camp s’étaient faites de plus en plus rares, et de plus en plus courtes. Ambre ne cessait de le lui reprocher. Il ne manquait jamais de revenir pour elle mais sa vie mortelle le rappelait toujours. Il exerçait un métier de rêve, gagnant sa vie en faisant ce qu’il aimait le plus au monde : tirer à l’arc. Il vivait dans un appartement confortable à San Francisco, enfin débarrassé de son beau père, et il avait la femme de sa vie à ses côtés. Sa meilleure amie lui manquait pour que son bonheur fût parfait, mais cela ne faisait pas le poids pour le forcer à abandonner tout ce qu’il avait construit et retourner s’installer au camp. Cependant, maintenant que le dit camp était menacé, il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il aurait du être présent. Il avait prêté un serment à la légion et il ne pouvait se défaire du désagréable sentiment d’avoir failli à sa tâche. De plus, il était dans le flou. Le message était resté très vague, il avait absolument besoin de renseignements supplémentaires. Il hésita à sortir tout simplement son téléphone, mais les ondes ne réussissaient pas très bien aux demi-dieux, il avait peur d’empirer les choses. Aussi difficile que ce fût, il lui faudrait prendre son mal en patience.

Ses pas l’avaient machinalement mené jusqu’à son appartement. Il tenait encore le bout de papier entre ses doigts, l’air complètement absent. Ses yeux étaient vides de toute expression, il avait l’impression de flotter à côté de son corps comme si toute cette histoire n’avait pas été réelle. Sa culpabilité le rongeait tellement qu’il faillit ne pas entendre lorsque Lorelei s’adressa à lui. « - Mon chéri tu fais une drôle de tête, ça ne va pas ? » Il finit par sortir de ses rêveries cauchemardesques. Il aurait voulu lui offrir un sourire rassurant, mais il n’en avait même pas la force. « - Hmmm non… c’est euh… le camp…. » Il ne parvenait pas à sortir une phrase cohérente. D’abord il était encore sous le choc, et puis il avait l’impression que s’il formulait l’idée à voix haute celle-ci prendrait encore plus de réalité qu’elle n’en avait déjà. Néanmoins Lorelei semblait alarmée par son attitude, elle le força à s’asseoir posant une main réconfortante sur son épaule. Ce simple geste lui fit beaucoup de bien. Il inspira profondément et se prépara à parler en espérant que sa voix ne lui fît pas défaut. « - On a… un problème au camp. » Inutile de préciser de quel camp il parlait. Il avait déjà révélé sa véritable nature à Lorelei au moment où les choses étaient devenues sérieuses entre eux. Il pensait qu’elle avait le droit de savoir, et il se sentait mal de garder des secrets. Il n’avait pas compris l’expression qu’avait pris son visage au moment où il lui avouait la vérité, mais il avait décidé de ne pas s’en formaliser. Lui-même avait été abasourdi lorsque sa mère lui avait révélé ses origines. Il avait foi en leur amour, ce ne pouvait être un obstacle. « - J’ai pas beaucoup de détails mais… je vais faire mes affaires. Oui c’est ça je vais y aller. Je ne serai pas parti longtemps ne t’inquiètes pas mais il faut que j’en ai le coeur net. » Sur ces paroles il se leva sans laisser le temps à Lorelei de réagir. Il s’apprêtait à se diriger vers le chambre pour emballer quelques affaires dans un sac, lorsque la sonnerie retentit. Il n’attendait pourtant personne. « - Bouge pas je vais voir ! » cria-t-il à l’attention de sa compagne. Il attrapa un poignard avant de se diriger dans l’entrée et d’observer les visiteurs à travers l’oeil de boeuf. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu’il constata qu’il ne s’agissait que de deux adolescents pourtant le tee-short mauve du Camp Jupiter. Il leur ouvrit la porte sans une hésitation. « - Orion ? » dit l’un d’eux, à bout de souffle. Ils étaient dans un sale état, à les voir on devinait qu’ils avaient rencontré quelques obstacles sur le chemin. « - On nous a envoyé chez toi, j’espère que t’as eu le message. » Il se contenta d’acquiescer et de les faire entrer. Il s’assura qu’aucun d’eux n’était grièvement blessé avant de les mener vers la salle de bain où ils pourraient désinfecter quelques plaies, se laver et emprunter de nouveaux vêtements (lui aussi avait une collection impressionnante de tee-shirts SPQR). Il les laissa là à leur intimité avant de retrouver Lorelei. Elle semblait sincèrement inquiète. « - Ça va aller ? » « - Oui, rien de trop grave mais j’ai hâte d’entendre leur récit… Je vais leur préparer quelque chose à avaler et faire mes affaires. » Il se dirigea vers la cuisine tout en parlant, Lorelei sur les talons. « - Tu vas partir avec eux ? » Il s’arrêta pour planter son regard dans le sien. Il y décelait une terreur qu’il ne s’expliquait pas. « - Il le faut, j’ai un devoir envers la légion et… ce ne sont que des gamins. » En effet à vue d’oeil il avait estimé que les deux arrivants devaient être âgés de seize ou dix-sept ans, pas plus. « - Sois prudent s’il te plait. » dit-elle en le serrant pour une longue étreinte, la dernière avant un long moment.

Les deux adolescents avaient été chargés de prendre contact avec lui. Après s’être lavés et avoir mangé le semblant de repas qu’il leur avait rapidement cuisiné, les trois demi-dieux en étaient arrivés au sujet fâcheux. Les deux légionnaires avaient raconté à Orion la nuit de l’attaque. La question fut vite élucidée puisqu’ils ne possédaient pas beaucoup plus de détails que ce que disait le message. Tout s’était passé à une vitesse folle d’après eux. Le calme avait régné dans le camp et, sans prévenir, l’enfer s’était déclenché. Ils avaient à peine eu le temps de répliquer, ne pouvant même pas voir leur ennemi invisible. Ils avaient pris les armes comme ils pouvaient car c’était le devoir d’un Romain lorsque la légion était menacée, mais aussi vite que tout avait commencé, l’attaque cessa et les adversaires disparurent. Ne restait plus alors qu’une armée de cadavres jonchant ce champ de bataille honteux, un autre régiment de blessés et des vivants pour les pleurer. À la mention de ce carnage, Orion ne put s’empêcher de demander des nouvelles de Ambre mais ses deux camarades ne surent lui répondre : ils venaient de la première cohorte et ne la connaissaient pas. Ce grade précieux que les adolescents possédaient devait cependant expliquer le fait qu’ils eussent pu être envoyés en mission seuls, car leur présence chez lui était bien volontaire. Ils avaient rendez-vous avec des envoyés Grecs quelque part à San Francisco pour partager les informations qu’ils étaient parvenus à récolter puisque leur camp également avait été touché. Cette nouvelle le fit frissonner : quels que fussent leurs ennemis ils devaient être suffisamment puissants pour coordonner des forces aux deux extrémités du pays, ce n’était pas rien. Dans tous les cas, leur travail était de coopérer avec les autres demi-dieux pour chercher des informations depuis l’extérieur des camps.

Ils attendaient à présent dans une ruelle déserte depuis ce qui semblait être une éternité à Orion. Certes il connaissait ce cliché selon lesquels les Grecs n’étaient jamais à l’heure mais il commençait à s’inquiéter. Il avait le pressentiment que quelque chose ne tournait pas rond. « - Eh les gars, je sais que ce sont des Grecs qu’on attend mais restez sur vos gardes, ils devraient être là depuis longtemps ça ne me dit rien qui vaille. » Comme pour confirmer ses paroles, du mouvement apparut enfin dans la ruelle. Il fit un geste à ses coéquipiers de garder le silence et de rester cachés jusqu’à ce qu’ils fussent certains de l’identité des arrivants. Tout se passa ensuite à une vitesse irréelle. Les bruits de pas se faisaient de plus en plus entendre, signe que les inconnus avançaient vers eux. Orion s’enfonçait un peu plus dans sa cachette au moment où un cri rompit l’espèce de pseudo-silence inquiétant dans lequel tout s’était figé. « - Si vous êtes là ne sortez surtout pas c’est un piège !! » Et dans un échos parfait à cet avertissement, un coup de feu retentit. L’un des Romains bondit de sa cachette et Orion, qui s’était pris d’affection pour eux, fut obligé de le suivre. Il se montra juste à temps pour voir le garçon qui avait sonné l’alerte s’écrouler dans une marre de sang. Cette vision était déjà bien atroce en soi mais quelque chose d’autre captura son regard. Les assaillants. Ils étaient deux. Un homme et une femme, mais pas n’importe quelle femme… Il aurait reconnu cette silhouette, ces cheveux bruns, ce visage, ce regard entre mille. Il connaissait le corps de cette femme par coeur, et même si le soleil commençait à décliner à l’horizon il faisait encore suffisamment jour pour qu’il ne pût se tromper. L’expression de surprise, de terreur et de culpabilité qu’elle affichait disait tout de toute manière… Lorelei. Le temps s’était comme dilaté depuis qu’il l’avait reconnue. Il pensa d’abord à une erreur, se demanda ce qu’elle faisait ici. Puis il la vit révéler l’arme à feu qu’elle tenait dans la main, la lever non pas vers lui mais vers…. trop tard. Le coup était parti. Orion se précipita vers son camarade mais il était mort avant d’avoir touché le sol. Un cri de rage ou de désespoir s’échappa de ses lèvres. La suite des événements était confuse dans son esprit. Il ne se rappelait pas avoir lancé un dernier regard à celle qu’il avait pensé être la femme de sa vie et avoir articulé d’une voix brisée deux petits mots dans sa direction « - Je t’aimais… » Il ne se rappelait pas non plus s’être précipité sur son deuxième camarade hébété, l’avoir saisi et s’être enfoui en volant avec lui. Son corps agissait mais quelque chose l’empêchait de processer les informations : son coeur venait d’être brisé en une infinité de morceaux.

***

« - Qu’est-ce que tu fais là ? » Il venait de s’écrouler sur le lit qu’il occupait toujours lorsqu’il venait passer quelques temps au camp Jupiter. À ses pieds traînait un sac contenant la majorité de ses affaires. Au mur étaient soigneusement accrochés ses arcs : celui que sa mère lui avait offert lorsqu’il avait à peine dix ans et celui renforcé d’or impérial qu’il tenait de Cupidon en personne. Enfin dans ses mains se trouvait un petit écrin qu’il faisait tourner comme s’il avait été empoisonné. Il le fit disparaître dans l’une de ses poches au moment même où il avait entendu la voix. Il releva les yeux et aperçut le visage du demi-frère d’Ambre. Il avait plus de trente ans à présent mais il n’avait su se résoudre à quitter le camp. Dans un sens il le comprenait maintenant. « - Je me disais que je serais plus utile ici. » « - Je croyais que tu agissais depuis l’extérieur ? » Il le croyait aussi. Mais entre temps il avait appris que celle qu’il s’apprêtait à demander en mariage n’était pas ce qu’elle prétendait être, qu’elle tuait des gamins innocents dans son temps libre. Il n’avait jamais eu le moindre problème contre les mortels. Apprendre l’attaque du camp l’avait déjà secoué mais là… c’était d’un niveau supérieur. Il ne pouvait pas rester dans le monde des mortels sans avoir la nausée, sans penser à sa vie qui venait de tomber en morceaux. Alors il était revenu dans le seul endroit auquel il pouvait penser. « - Ça s’est pas vraiment passé comme prévu. » C’était le moins qu’on puisse dire. Son ton était sec, sans appel. Il voulait mettre fin à cette conversation, n’avait pas besoin que quelqu’un ne vienne l’aider à remuer le couteau dans la plaie mais son interlocuteur n’était pas de cet avis. « - Raconte Orion, tu sais que j’ai toujours été là pour toi. » C’était vrai, mais pas cette fois. Personne ne pourrait plus être là pour lui. La seule présence qu’il désirait auprès de lui était celle de Lorelei, mais ce n’était plus une option. « - Y a rien à raconter. Deux gamins sont morts, on est pas préparés pour ce qui nous guette dehors… Je pensais que si je pouvais leur apprendre à tirer correctement… tu sais en les visant à distance, peut-être qu’on aurait une chance. » Il n’y croyait pas lui même et s’exprimait sans enthousiasme. Ce qu’il avait vu l’avait traumatisé. Il ne voulait pas en parler pourquoi ne pouvait-il pas le comprendre et lui foutre la paix ? « - J’ai besoin d’air, où est Ambre ? » Il s’était déjà remis sur ses pieds, signifiant qu’il ne s’attarderait pas plus longtemps. Il se planta devant son ami, attendant que celui-ci ne répondît à sa question. Il se mordait la lèvre, l’air gêné, ne sachant que dire. « - Bah alors elle est où c’est pas compliqué ? » Il s’impatientait. Tout son être bouillait tellement sous l’effet de la haine, de la colère, de la tristesse, qu’il ne parvenait pas à faire le rapprochement avec l’expression qu’il avait sous les yeux. « - À ce propos Orion… » Son ami prit une profonde inspiration, ce qu’il s’apprêtait à dire était difficile. Il devait y aller franchement. « - Elle… elle a pas survécu. Elle a tenté de protéger des plus jeunes le soir de l’attaque et… et… » Il était au bord des larmes, c’était de sa soeur qu’il parlait après tout. Pourtant Orion n’en avait rien à foutre. Incapable d’agir en adéquation avec la situation, il décocha une droite dans la face de son ami. « - T’aurais du être là pour elle. » Il n’avait même pas eu la force de crier, mais le calme dans sa voix était bien pire. Il respirait l’accusation. Sans un mot, ni sans même un regard de plus, il sortit de la pièce. Il n’en voulait pas réellement à son ami. C’était une cible facile pour éviter de regarder la réalité en face. Il s’en voulait à mort. Tout était de sa faute : le Grec, le Romain, Ambre. Tous ces morts étaient entièrement de sa responsabilité. Parce qu’il avait fait confiance à Lorelei, parce qu’il l’avait préférée elle à sa vie au camp. Chaque parcelle de son être désirait la haïr au plus haut point. Mais il en était incapable.
© .ipar haizea


Dernière édition par Orion Nightshade le Lun 26 Déc - 12:31, édité 19 fois
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 19:45

rebienvenue ? Un beau monsieur avec des super pouvoirs ~

et je vois que Dillon et lui ont au moins un point en commun : un enfant dont ils ignorent l'existence xD, la belle bande de boulets.

courage pour la fiche Wink


Dernière édition par Dillon J. Soto le Sam 21 Mai - 22:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 20:04

Mon dieu, le papounet et le don, ça promet de foutre le bordel :mdl:
Rebienvenue du coup ? (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1211080569
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 20:52

Mais il est partout lui ! (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 217276084 Bienvenue à toi joli minois ! Et plein de courage pour finir ta fiche ! Une gueule d’amour pour un fils de Cupidon ! Ca promet en tout cas What a Face
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Orion Nightshade
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 22:52

Heureuse que le papa et le pouvoir plaisent, j'étais excitée par cette idée de personnage (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1211080569 merci en tout cas, vos petits commentaires vont me donner le courage d'avancer cette fiche, je sens qu'elle va être longue (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1573464409
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptySam 21 Mai - 23:10

Ah mais oui, c’est un REUH-bienvenue ! What a Face Heureusement que ça motivent, comme ça si tu fais vite ta fiche, je pourrais vite te harceler pour un lien (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 217225153
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptyDim 22 Mai - 10:24

Oh un enfant de Cupidon bril avec Sam C. en avatar je ne peux qu'approuver (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 2076421771 (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 217276084
Il nous faudra obligatoirement un lien demi-frère romain (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 4104680634
Re-bienvenu & courage pour ta fiche superhero
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Loïs I. Clinton
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptyDim 22 Mai - 10:52

SAM CLAFLIN ! yeah (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 2988485873  *arrêt cardiaque*
Avoue, tu veux ma mort ? cemecestparfaitjelejouesurunautreforumenfilsd'aphrodite.
Breeef. (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1889370986 (re)Bienvenue à toi avec ce nouveau personnage qui va envoyer du pâté, je le sens, je le sais ! En plus avec un prénom comme ça. Et ce parent divin, hâte de lire la suite de ta fiche ! (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 1108668923 (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) 2793399399
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) EmptyDim 22 Mai - 10:56

Han rebienvenue et avec un personnage et un parent vraiment trop cool ! Par contre j'approuve une chose ... le pouvoir va tellement foutre la merde ici et là, hahaha XD

En tout cas bon courage pour ta fiche ^^
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MessageSujet: Re: (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016)   (orion) love takes its toll every time it doesn't work (04.06.2016) Empty

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